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Thibaut Hofer

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TRADUCTION
Translation

Entretien avec Chriss Foss (extrait)

Il est difficile de souligner l’influence que Chris a eue sur notre vision collective du futur. Si vous avez des livres de SF classique, il y a des chances que vous soyez en possession d'un classique de Foss. Si l’imprimé n’est pas votre affaire, vous connaissez sûrement ses travaux cinématographiques. Vous voyez Alien ou Superman ?
Avant son entrée en scène, le futur était un lieu lisse et précis avec de moins en moins d’humains. Chris nous a présenté un futur humain, où les vaisseaux spatiaux étaient « des bidules cahotants et crachotants auxquels pendaient des pièces de métal. » Les gens y répondaient avec un regard entendu.

Faux départ
« J’ai toujours voulu être un artiste », se souvient Chris. Comme tous les parents du monde, les Foss se montraient sceptiques sur la valeur d’un enseignement artistique. « Ils se sont battus bec et ongles contre moi », se rappelle Chris. « Leur argument était qu’une fois mon diplôme obtenu, je pourrais partir faire mes trucs artistiques. » Il ajoute : « Mes parents étaient de pugnaces instituteurs. Puis maman a par hasard acheté un Picasso chez un marchand de tissus. Elle excellait à farfouiller et fureter. »
La pression était trop grande pour le jeune Chris, et alors que les années 1960 commençaient à swinguer, il finit par étudier l’architecture à Cambridge. Mais ce fut une erreur : « Je suis allé à deux conférences en deux ans et à la fin de la deuxième année je dessinais de petites BD pour Penthouse. »

Chambre avec vue
Voyez-vous, Chris a plus d’une corde à son arc. « Ma première percée s'est faite dans l’art érotique », explique-t-il, « parce que c’est ce qu’ils attendaient pour le nouveau magazine de Bob Guccione, Penthouse. » Et étrangement, une fois qu’on connaît cet “autre aspect”, on peut voir que ça couvre aussi les images SF.
Cela explique aussi en partie la magie de la vision particulière du futur par Chris : « Pour moi, un vaisseau géant devait avoir des chauffeuses topless qui pellettent des noix nucléaires », s’amuse-t-il. « Alors que pour d’autres, c’était le propulseur azimutal. »
Une familiarité intime avec la forme humaine, pas seulement comme objet mais comme forme sexuelle, produit une manière organique de voir le monde. Chris ne cherche pas à s’imaginer comme un robot ou une AI. « Je suis parfaitement conscient que la technologie avance à pas de géant », souligne-t-il. « J’attends juste gentiment sur le bas-côté les éléments de technologie les plus exploitables. »

Interview with Chriss Foss (excerpt)

It’s hard to overstate the influence Chris has had on our collective vision of the future. If you have any classic SF books, chances are you have classic Foss. If you’re not big on print, you’ll know his film work. Familiar with Alien or Superman?
Until he arrived on the scene, the future was a needle sharp, sleek-looking place that got less and less human. Chris introduced us to a human future, where spaceships were “rumbling bumbling bangy things with bits of metal hanging off.” People responded with wide-eyed recognition.

False start
“All I ever wanted to do was be an artist,” Chris recalls. Like parents the world over, the Fosses were sceptical about the value of an art school education. “They fought me tooth and nail,” recalls Chris. “Their argument was that once I had a degree, I could go and do my art stuff.” He adds: “My parents were struggling school teachers. Then mum accidentally bought a Picasso in a draper’s shop. She was terrific at rooting and ferreting.”
The pressure was too much for young Chris, and just as the 60s started swinging he ended up in Cambridge studying architecture. This was a mistake though: “I went to two lectures in two years and by the end of the second year I was drawing cartoon strips for

Room with a view
You see, Chris has more than one feather to his cap. “My first break was with erotic artwork,” he says. “Because that’s what they wanted at Bob Guccione’s new magazine,
Penthouse.” And strangely, once you know of this ‘other side’ you can see that it somehow suffuses the SF images too.
It also explains something of the magic behind Chris’s peculiar vision of the future: “For me a giant spaceship would have topless female stokers shovelling in nuclear nuts,” laughs Chris. “Whereas for other people it was the Z-drive.”
An intimate familiarity with the human shape, not just as an object but as a sexual form produces an organic way of seeing the world. Chris makes no attempt to imagine himself as a robot or an AI. “I’m perfectly aware that technology advances in leaps and bounds,” he points out. “I’m just amiably waiting on the side lines for the most usable bits of technology.”

in Fantasy Art Essentials